Le temps d'une prière
A l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, certains salariés de confession musulmane, ne sont plus autorisés à entrer en zone de réservée et pour cause, on leur refuse l'octroi des badges leur permettant l'accés à leur poste de travail.
Depuis les attentats du 11 septembre, la loi sur la sécurité quotidienne de novembre 2001 et le décret d'application de janvier 2002 modifient le code de l'aviation civile. L'accès aux zones réservées des aéroports suppose pour tout salarié une habilitation - en l'occurrence, un badge - délivrée par le préfet. Celui-ci peut la refuser si " la moralité de la personne ou son comportement ne présentent pas les garanties requises au regard de l'ordre public ou sont incompatibles avec l'exercice d'une activité dans la zone réservée ". Les badges se transforment ainsi en un véritable instrument de contrôle.
Il semble que l'affaire ait été médiatisée exprés et on évite alors d'énnoncer la véritable cause de cette discrimination. Il paraîtrait que les RG étaient au courant d'agissements terrosristes de ces salariés incriminées injustement. Injustement, car ces 72 personne présentes sur leur lieu de travail, privés de leur fonction, ne devaient pas être si dangereux que ça puisqu'ils pouvaient circuler librement au sein de l'aéroport. Après des années de dur labeur, ces personnes se retrouvent avec des enquêtes sur le dos. En effet, l'enquête ne porte plus seulement sur le casier judiciaire, mais sur les fichiers de police.
La justice a autorisé mercredi dernier six des 72 salariés à accéder aux documents qui ont motivé le retrait de leur outil de travail et deux d'entre eux ont obtenu la restitution de leurs badges. Quant à certains, ils sont toujous en congé sans solde, refusant de démissionner.
Selon une source proche des salariés de la zone aéroportuaire de Roissy Charles de Gaulle, toute cette histoire résulte d'un malentendu. Lors du nettoyage au sol d'un avion, l'un des employés de la société de ménage( un musulman) est trouvé par le personnel navigant de la campagnie de transport aérien en position de prière. Les témoins de cette scène ont pris peur et ont alerté immédiatement leurs supérieures, qui ont alerté la direction d'ADP, le ministère de l'intérieure et les forces de police. On peut aisément deviner les pressions subies par ADP quand on sait que la campagnie aérienne en question n'est autre que la campagnie "Américan Air Lines".
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