le retour de l'esclavage
Le retour de l'esclavage
Des enquêteurs italiens viennent de constater des pratiques d'un autre âge dans le sud de l'Italie. Des ouvriers polonais étaient recrutés, réduits en esclavage par une entreprise italienne. Payés 5 euros l'heure, ils étaient affamés, battus par leur patron. Les malades étaient punis. Non! Vous ne rêvez pas, ça passe en bas d'chez vous, de chez nous. Ces ouvriers dormaient à quelques kilomètres de leur travail, dans des conditions déplorables. A peine un matelas à même le sol. Cela mérite un coup de boule, non....? Bien entendu
Alors que le Parlement européen devait se prononcer en février sur la directive "Bolkenstein" de libéralisation des services, une affaire de "dumping social" venait d’éclater sur un chantier d'une centrale EDF à Porcheville (Yvelines) où une quarantaine de travailleurs polonais étaient employés pour 400 euros par mois.
Pour assurer la sécurité d’approvisionnement en électricité de la région parisienne, EDF a décidé le redémarrage de deux groupes de production d’électricité en 2006 et 2008.
Dans ce cadre « entre 500 et 600 salariés de la sous-traitance externe » étaient amenés à intervenir dans la centrale. Ressortissants de pays membres de l’Union européenne, ces salariés étaient employés en application de la directive 96-71 concernant le détachement des travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services.
Cette directive impose que « les conditions de travail et d’emploi des travailleurs détachés doivent être garanties par les conventions collectives des États membres dans lesquels s’effectue la prestation de travail ».
Cette règle a été enfreinte à Porcheville où la les syndicats avaient constaté d’importantes infractions.
EDF sous-traitait à Alstom, qui elle-même sous-traitait à une entreprise polonaise la remise en route de deux tranches de la centrale électrique de Porcheville.
Ainsi une quarantaine de salariés polonais de l’entreprise ZREW sous-traitante d’Alstom étaient « payés entre 2 et 3 euros à l’heure » et « hébergés à plus de 40 kilomètres de leurs lieux de travail . Avec pour couchage un simple matelas à même le sol, dans des appartements exempts de tout meuble ».
C'était une application anticipée de la directive Bolkeinstein
Le contrat de travail de ces salariés, rédigé en polonais précisait à l'employé: "Vous êtes tenu de ne pas divulguer le montant de votre rémunération, sous peine de voir votre responsabilité engagée".
Ces contrats n'ont pas été communiqués à l'inspection du travail, ce qui était aussi illégal. Revoilà le spectre du "plombier polonais" et cette directive Bolkeinstein qui avait fait couler tant d'encre.
Mais cette affaire en Italie dépasse le cadre du droit du travail. Elle lève le voile sur la pratique illégale des trafics d'êtres humains. Une quinzaine de personnes a été interpellée en Italie et également en Pologne sur cette affaire italienne.
On agrandit l'Europe, on ouvre les frontières et par la même occasion, on limitate la circulation des européens, elle est la logique?