Un poisson nommé Toufikh

Publié le par Saida

Un poisson nommé Toufikh

 

 Récemment j’ai entendu dire que les jeux paralympiques n’auront pas lieux aux prochains jeux Olympiques, faute de moyens. Les candidats paraît-il, ne sont pas suffisamment nombreux. On oublie vite que ces athlètes ne sont pas des professionnels,  ça ne reste qu’un hobby pris sur leur temps de pause.

 Ces athlètes se rendent aux jeux sur leurs congés et ne sont pas subventionnés ou très peu. Que fait l’Etat me direz-vous ? Pas grand chose en France. Nous sommes très en retard par rapport au reste du monde ne matière d’accompagnement et surtout d’infrastructures adaptés aux handicapés. Je vous livre donc ici un article que j’ai fait sur un jeune homme de cité, un exemple à méditer, peut être….
Petit bout d’homme au corps frêle et menu, Toufikh déshérité physiquement par la vie, développe depuis sa naissance une autre forme de beauté : celle du cœur. Petit bout d’homme mais grand champion de natation. Sa particularité : une athrophie des muscles. Sa force : une soif de vaincre et la rage de gagner. Son plaisir, voyager hors de sa cité.

 

Toufikh nage, nage et nage encore : un poisson sans nageoires mais un poisson médaillé. Dix-sept ans, le teint hâlé, une marche incertaine, Toufikh est un jeune banlieusard pas comme les autres. Il a plein de rêves dans la tête et malgré sa maladie s’offre le luxe d’orner sa chambre de médailles. Un grand champion d’un mètre cinquante et de Quarante cinq kilos tout mouillé. Mouillé, il l’est souvent car sa passion de la natation le mène à s’entraîner sans relâche. Des compétitions, il y participe plus de trois fois dans l’année.

Dès l’âge de cinq ans, il nage tout seul dans le grand bain. Pour tous les peureux de l’eau, cela reste tel un mystère de voir ce jeune ne faire qu’un avec l’eau. Toufikh est né avec une maladie rare mais handicapante : l’arthrogrypose. C’est une maladie qui atteint les membres inférieurs et supérieurs.

Originaire d’Algérie, Toufikh aborde les choses avec philosophie : « j’apprécie tout ce qui m’arrive et j’apprends à découvrir la vie en chaque jour qui passe. » Lance-t-il en arborant un sourire d’enfant adulte.

Toufikh est un nageur surdoué. C’est à onze ans qu’un éducateur de l’école Toulouse lautrec à Vaucresson où il était interne, lui demande de participer à des concours de natation après l’avoir vu nager. Aujourd’hui, il a à Son actif plusieurs médailles d’or et d’argent. Il concourt aux différents championnats de France, championnats paralympiques regroupant tous les nageurs sportifs non valides.

Autour de lui en s’en félicite. « Ma mère est formidable, elle a toujours été là pour moi. » Un nuage de tendresse l’envahit lorsqu’il parle de son entourage proche. Sa maman est très fière de lui ainsi que ses frères et sœurs. Petit dernier de la famille, il sait être reconnaissant : « Parmi eux, je suis comme dans un cocon, ils se sont toujours occupés de moi.»

Leur fierté a été la participation de Toufikh aux Jeux Pralyympiques de Sydney où il a remporté deux médailles d’or que la Fédération de l’équipe de France a conservées.

Ses copains de quartier, les premiers ne cessent de parler de ses exploits de nageur professionnel. Lui ne se sent pas différent, à tel point qu’eux mêmes lui proposent souvent des jeux risqués sans en avoir conscience. Mais ses grands frères veillent et ne l’autorisent pas à les suivre partout.

Sa passion sportive est née avec son handicap. A sa naissance, il n’avait pas l’usage de ses membres, les médecins entreprennent alors des séances de rééducation aquatiques. Des quinze opérations où sa mère était présente jour et nuit, il ne reste que l’envie d’aller encore plus loin et l’espoir de nouvelles réussites chirurgicales.

« Je dois beaucoup à ma mère et aussi au docteur Finidori, chirurgien connu dans le monde entier de m’avoir permis de marcher puis peut être bientôt de remuer mes bras. » Toufikh nous confie ceci avec énormément de complaisance, ses petits bras recroquevillés sur sa poitrine.

Comme un poisson dans l’eau, Toufikh utilise la force de ses jambes pour nager, ses potes sont admiratifs et parlent de lui avec admiration. Ils aimeraient tout comme lui, faire des grands voyages. « C’est un miraculé mais quel nageur ! » C’est comme ça que Rédha, un de ses amis le perçoit. Champion de France cette année encore, il remet sans arrêt son titre en jeu pour finir par le ramener à nouveau.

En attendant, Toufikh avoue que nager, ne lui procure que du plaisir : « Je trouve la mobilité dans l’eau, je peux me retrouver la tête en bas, les jambes en l’aire, ça ne me fait rien. Je peux faire plein de choses. »

Après, Pau, Rouen, Istres et limoges, il songe aux jeux paralympique et des médailles qu’il va ramener à la maison.

Toufikh le nageur, s’en va rêver à de nouveaux défis. C’est à penser que la vie en lui ottant l’usage de ses bras, l’a sans nul doute récompensé d’un don du ciel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans sport

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C
C'est un grand ton p'tit bonhomme ! Bises, christel
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