La merveilleuse histoire de Sarko
La "merveilleuse" histoire de Sarko-Gollum
Il était une fois… un Président de
2002, face à un « menhir » raciste et xénophobe aussi connu sous le nom de Le Pen… Ce Président de droite, que certains surnommaient « Jacques Chirouette » de manière à résumer au mieux son action politique, avait été trahi pendant la campagne électorale présidentielle de 1994-1995, par un certain nombre de ses amis politiques, au profit de son concurrent, un « ami de trente ans », le Premier ministre de l’époque, Edouard Balladur dit « Doudou ». La trahison la plus remarquée (et la plus mal digérée, si tant est qu’elle l’ai jamais été) fut alors celle du jeune maire de Neuilly et ministre du Budget, jusque-là bien en cour chez les Chirac, qui s’appelait Nico Sarko (actuellement, pour l’heure, ambitieux ministre d’Etat et ministre de l’Intérieur, en attendant mieux [pour lui sans doute, mais pas pour le pays], et considéré depuis cette époque, par le vieux Président, comme étant une sorte d’affreux petit nabot désirant ardemment lui prendre sa place, par tous les moyens)…
Chirac dormait tout habillé sur son canapé, dans ses appartements de l’Elysée, en faisant, comme à son habitude, de beaux rêves pleins d’escargots et de têtes de veau, arrosés de champagne et de bière, lorsque soudain, dans un coin de la pièce plongée dans l’obscurité, à la faveur de cet assoupissement présidentiel dont le chef de l’Etat était coutumier, une porte s’entrouvrit et une forme rampante et mystérieuse entra silencieusement… Comment décrire cet être ? Disons qu’il s’agissait d’une «créature petite et visqueuse» aux membres longs et minces, se déplaçant comme un chat, un être «aussi ténébreux que les ténèbres, à l’exception de deux grands yeux pâles et ronds […] semblables à des lampes». On pouvait, en étant attentif, observer cette créature, déambulant la nuit dans Paris, non loin de sa tanière de la place Beauvau, en train d’attraper, avec ses longs doigts, les petits animaux qui s’aventuraient un peu trop prêt de son domicile. En général toutefois, les observateurs n’affirmaient voir, à chaque fois, qu’ «une petite forme noire» se mouvant sur le pavé parisien, certains réussissant parfois à entr’apercevoir, au sommet de cette forme, « deux petites lueurs pâles, ses yeux qui clignaient un instant vers Fait singulier, son visage ressemblait fortement à celui d’un ministre de l’Intérieur (ou d’un ministre de l’Economie et des Finances), et pour cause : il s’agissait de l’infâme Sarko (ministre de l’Intérieur en 2002, puis ministre de l’Economie et des Finances en 2004, puis brièvement ex-ministre, et enfin, à nouveau ministre de l’Intérieur en 2005 [vous suivez, j’espère ?]). L’ambitieuse petite créature était ainsi venue jusque dans le repaire de son ennemi, à la recherche de son « précieux », le costume officiel du Président, avec le fameux grand collier de l’ordre de Sarkozy : « Où est-il ? Où est-il ? Où est mon prrrrécieux ? Nous le voulons ! Il est à nous ! » Soudain, comme il passait devant le canapé où Chirac, dans son sommeil, marmonnait des morceaux de phrases à peu près incompréhensibles, son regard scrutateur tomba sur une grande armoire gaullienne aux grandes portes vernies, qui se dressait, tout près de là. Elle était entrouverte. La créature rampa en silence vers le meuble, s’accroupit devant, et écartant avec précaution les portes, sans faire grincer leurs gonds, constata que l’armoire faisait office de penderie : tous les costumes du Président, semblait-il, y étaient rangés. Sarko touchait au but ! Au milieu des vestes, des chemises, des pantalons, se trouvait, bien en évidence, le costume officiel du chef de l’Etat avec le grand collier étincelant. Les yeux avides de la créature brillèrent d’un feu ardent… Sarko (chuchotant): « Mon prrrrrrrécieux ! Nous l’avons trouvé ! Nous avons trouvé le prrrécieux ! Maintenant il est à nous ! A nous ! » Mais comme il tendait, en tremblant, sa main droite vers le costume, son esprit fut tout à coup tiraillé, ainsi que cela lui arrivait souvent, par ses deux personnalités… Sarko-Sméagol (chuchotant): « Non, non ! Il ne faut pas ! Il ne faut pas ! Attendons 2007 ! » Sarko-Gollum (chuchotant plus fort) : « Non ! Non ! Le prrrécieux est à nous ! Le vieux nous l’a volé ! Nous n’allons pas attendre trois ans de plus ! Non ! A nous ! Il est à nous ! Mon prrrrrrrécieux ! » Ce monologue fut interrompu subitement par le bruit sec d’une flèche venue se planter dans le bois d’une des portes de l’armoire, après avoir frôlé la tête de la créature. Celle-ci se retourna vivement, soudainement envahie par la terreur : un Chirac métamorphosé – sauf pour le visage – en archer elfe, aux oreilles pointues et aux longs cheveux retombants sur les épaules, auréolé d’une vive lumière, venait de lui envoyer un des fins projectiles de son carquois, et s’apprêtait à effectuer un nouveau tir avec son grand arc. Sarko, fou de peur, s’enfuit de la pièce à toute allure, en émettant des sons qui tenaient à la fois du halètement et du couinement, tandis que Chirac, ayant aussitôt retrouvé son aspect normal – costume avec cravate, oreilles sans pointes, cheveux courts et rares sur le devant – tout en gardant, prêt à s’en servir, son arc et une flèche entre ses mains, s’exclama, s’adressant à lui-même : Chirac : « Celui-là, il faudra le surveiller : il s’y prends plus tôt que Balladur ! » Ainsi se termine l’histoire de Sarko-Gollum… Mais est-ce vraiment la fin de l’épopée ? Compte tenu de l’ambition dévorante de la créature, gageons hélas qu’il n’en est rien… Que nous réserve l’élection présidentielle de 2007 ? Comme dirait l’autre, entre un dangereux Sarko-Gollum à droite, les Bisounours à gauche, et, en embuscade, un « menhir » xénophobe qui n’en finit pas de pourrir la vie politique de ce pays (comme tous les extrêmes), je sens nous allons encore bien nous amuser l’année prochaine, dans notre chère démocratie où nous sommes tous sensés être à la fois libres, égaux, et frères… Cela dit, j’irai voter, de toute façon… Rédigée par Hyarion. sur le site P.S. : petite mise à contribution de Tolkien à l’histoire de Sarkozy-Gollum racontée plus haut, les citations, qui apparaissent précédent, sont extraites du chapitre V (« Enigmes dans l’obscurité ») de Bilbo le hobbit (The Hobbit), et du livre IV (chapitre premier) de la deuxième partie (« Les Deux Tours ») du Seigneur des Anneaux (The Lord of the Rings).